La justice algérienne poursuit son examen d’une affaire de corruption présumée impliquant plusieurs anciens responsables de la Fédération algérienne de football (FAF). Jeudi, le procureur de la République près du pôle économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed a requis de lourdes peines contre les prévenus, dont trois anciens présidents de l’instance fédérale.
Dix ans de prison ferme et une amende d’un million de dinars contre trois anciens présidents de la Fédération algérienne de football (FAF). Kheireddine Zetchi, Djahid Zefizef et Charaf-Eddine Amara sont ainsi concernés par des réquisitions de dix ans d’emprisonnement ferme, assorties d’une amende d’un million de dinars chacun.
Les réquisitions du parquet ne se limitent pas aux trois anciens présidents de la FAF. La même peine a été demandée contre plusieurs autres accusés, notamment le directeur de l’administration générale, deux anciens secrétaires généraux ainsi qu’un ressortissant tunisien actuellement en fuite.
Concernant ce dernier, le procureur de la République a également requis le maintien du mandat d’arrêt émis à son encontre.
Sept autres accusés, parmi lesquels figure un manager, sont visés par des réquisitions de sept ans de prison ferme. Deux accusées encourent, quant à elles, cinq ans d’emprisonnement ferme, assortis d’une amende d’un million de dinars chacune.
Les trois sociétés poursuivies dans ce dossier ne sont pas épargnées. Le parquet a demandé qu’une amende de cinq millions de dinars soit prononcée contre chacune d’elles.
Cette procédure, connue sous l’appellation d’affaire « Adidas », porte notamment sur des contrats conclus avec une société tunisienne. Les prévenus sont poursuivis pour plusieurs infractions liées à la corruption, conformément à la législation algérienne relative à la prévention et à la lutte contre ce phénomène.
Les chefs d’accusation comprennent notamment l’abus volontaire de fonction, en violation des lois et règlements, dans le but d’accorder des avantages injustifiés à des tiers. La conclusion de contrats contraires aux dispositions législatives et réglementaires dans le même objectif figure également parmi les infractions reprochées.
Les poursuites portent en outre sur le détournement et la dilapidation de deniers publics, ainsi que sur l’obtention d’avantages injustifiés lors de la conclusion de contrats avec l’État ou l’un de ses organismes.
La participation volontaire à la dilapidation de fonds publics figure également parmi les faits visés par la procédure.
À travers ces réquisitions, le parquet demande des sanctions pénales et financières importantes contre les personnes physiques et les sociétés concernées par le dossier. Les peines requises varient selon les catégories de prévenus, tandis que les trois sociétés poursuivies sont chacune visées par une amende de cinq millions de dinars.
Toutefois, les réquisitions du ministère public ne constituent pas une décision définitive de justice. Il appartient à la juridiction compétente de se prononcer sur les responsabilités des différents prévenus et de déterminer les sanctions éventuelles.
Lire aussi : Togo-Football : après la D1, des soupçons de corruption…


