200 000 FCFA pour une libération : un policier risque trois ans de prison ferme

Un ancien policier en service à Parakou, au Bénin et l’un de ses amis comparaissent devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) pour des faits présumés d’abus de fonction et de complicité. Les deux hommes sont accusés d’avoir perçu une somme de 200 000 francs CFA en contrepartie d’une promesse de libération d’un gardé à vue.

Les faits remontent à la fin de l’année 2025. Selon les éléments présentés à l’audience et rapportés par Bénin Web Tv, les enfants d’un détenu auraient remis l’argent au policier afin qu’il intervienne pour empêcher le déferrement de leur père. Mais malgré le paiement de la somme réclamée, le gardé à vue a finalement été présenté au procureur, poussant la famille à porter l’affaire devant la justice.

Au cours des débats, la substitute du procureur spécial a estimé que les explications fournies par le prévenu manquaient de cohérence. Elle a notamment souligné que si le policier souhaitait réellement aider la famille à trouver un avocat, rien ne justifiait selon elle la perception d’une telle somme d’argent. Le ministère public a également relevé des contradictions dans le mode de transmission des fonds, notamment le fait que la demande ait été adressée au petit frère du premier interlocuteur.

Dans ses réquisitions, le parquet spécial a demandé à la Cour de retenir les deux prévenus dans les liens de la prévention. Il a requis une peine de cinq ans de prison, dont trois ans ferme, ainsi qu’une amende d’un million de francs CFA contre chacun des accusés.

De son côté, l’avocat de la défense a plaidé la relaxe pure et simple. Dénonçant un « procès d’intention », il a soutenu qu’aucune victime ne s’est présentée devant la juridiction pour confirmer les accusations. Selon lui, aucun message ni enregistrement audio ne permet d’établir la culpabilité des prévenus.

L’avocat a également affirmé que l’ancien policier n’avait pas été approché en raison de sa fonction, mais dans le cadre d’une relation amicale. Il a insisté sur le fait que son client n’avait ni le pouvoir ni la possibilité de faire libérer un gardé à vue.

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