Ukraine : décès de 16 camerounais engagés

Le ministère camerounais des Relations extérieures a officiellement reconnu, le 6 avril 2026, la mort de seize ressortissants engagés comme soldats contractuels dans les rangs de l’armée russe en Ukraine. L’information avait été transmise à Yaoundé par l’ambassade de la Fédération de Russie via une note verbale reçue le 5 mars 2026.

Le communiqué du MINREX, diffusé sur la radio publique CRTV, invite les familles des victimes à se rapprocher de la Direction des Camerounais à l’Étranger, au bâtiment C du ministère à Yaoundé. Les seize noms ont été rendus publics. Le ministère indique avoir « pris les dispositions utiles pour contacter les familles des intéressés », sans préciser les circonstances ni les dates des décès, survenus selon Moscou en « zone d’opération militaire spéciale » (la formule employée par la Russie pour désigner l’Ukraine).

Une réponse administrative, pas diplomatique

Aucune démarche publique n’a été annoncée par Yaoundé en direction de Moscou pour exiger la cessation des recrutements ou organiser un rapatriement de corps. Une source proche du gouvernement camerounais, citée par RFI, a indiqué que les échanges se feraient « dans le cadre de relations entre États, et pas via les médias », sans autres précisions. Le gouvernement camerounais n’a pas non plus communiqué sur d’éventuelles mesures de soutien aux familles.

Cette posture contraste avec celle d’autres pays africains confrontés au même phénomène. L’Afrique du Sud a obtenu fin février 2026 le rapatriement de quinze de ses ressortissants piégés dans le Donbass, après une intervention directe du président Cyril Ramaphosa auprès de Vladimir Poutine. Le Kenya a pour sa part envoyé son ministre des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, à Moscou en mars 2026 : il en est revenu avec l’engagement de Sergueï Lavrov que les Kényans ne seraient plus enrôlés. Nairobi a également inculpé deux personnes pour traite d’êtres humains dans ce dossier. Le Zimbabwe a de son côté confirmé la mort de quinze de ses ressortissants recrutés frauduleusement, selon Euronews.

Un précédent interne limité à l’armée régulière

En mars 2025, face à la désertion d’environ 150 militaires camerounais partis vers le front ukrainien, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, avait interdit au personnel des forces de sécurité de quitter le territoire sans autorisation directe. Cette mesure, strictement interne, ne visait pas les civils recrutés par des réseaux intermédiaires.

Les familles des seize soldats décédés disposent désormais d’un délai non précisé pour se manifester auprès du MINREX. Aucune date n’a été communiquée concernant un éventuel rapatriement des corps.

Source : la nouvelle tribune

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