Données personnelles : l’IPDCP sensibilise les journalistes

Notsè, la ville située à 95 km au nord de Lomé, a servi de lieu de rencontre d’information et de sensibilisation pour les professionnels des médias de la Région Maritime et du Grand Lomé le 24 février dernier. Une cinquantaine de journalistes ont pris part à la formation, constituant ainsi la deuxième vague dans le cadre d’un vaste programme national visant à accompagner le secteur des médias.

Cette rencontre, organisée par l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP) en partenariat avec la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), a pour objectif de renforcer la compréhension du cadre juridique national sur la protection des données et d’accompagner les journalistes vers des pratiques responsables et conformes à la loi. Au cours de la rencontre, l’IPDCP a rappelé que les médias jouent un rôle crucial au-delà du simple relais d’informations.

« Aujourd’hui, plus que jamais, chaque image diffusée, chaque interview, chaque reportage, chaque micro-trottoir, chaque article en ligne ou à la télévision, chaque publication numérique peut contenir des données personnelles. Les médias manipulent quotidiennement des données d’identification, des images, des voix, des données sensibles, des informations judiciaires, des coordonnées de sources, des données de localisation, parfois même des documents administratifs ou biométriques. Parfois volontairement, parfois sans s’en rendre compte. Et chaque diffusion engage votre responsabilité éthique, professionnelle et juridique », a souligné Awui Talla Hervé, Conseiller technique du Président de l’IPDCP.

Selon l’instance, le rôle des journalistes dans la construction d’une culture de protection des données est essentiel. Cependant, ils doivent assumer trois responsabilités majeures : Éducateurs, Vigies et modèles d’exemplarité.

« Premièrement, vous êtes des éducateurs. Vous avez la capacité unique de sensibiliser le public, d’expliquer les notions clés, d’éclairer les risques du numérique, de prévenir les arnaques, les usurpations d’identité, les cyberviolences et les dérives. Deuxièmement, vous êtes une vigie. Par vos enquêtes, vos analyses, vos investigations, vous mettez en lumière les dérives, les abus, les violations et les pratiques dangereuses qui mettent en péril les droits des personnes. Votre rôle de veille contribue à faire évoluer les organisations et à rappeler à tous la nécessité de respecter la loi. Troisièmement, l’exemplarité. Vous ne pouvez appeler le public à la prudence si vos propres pratiques ne respectent pas les principes essentiels : floutage des mineurs et des victimes, anonymisation des témoignages sensibles, vérification des consentements et autorisations », a expliqué Awui Talla Hervé.

La HAAC, représentée par YAO Abarim, Directeur de Cabinet du Président, a également souligné l’importance de former les médias au cadre juridique de la protection des données et a renforcé la nécessité d’une collaboration étroite avec le secteur médiatique pour la diffusion des lois en vigueur.

Notons que l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP) a été instituée pour veiller à ce que toute collecte, tout traitement et toute diffusion de données personnelles se fassent dans le strict respect de la loi. Elle a pour mission de protéger les libertés et les droits fondamentaux des citoyens, notamment leur vie privée, face aux enjeux croissants d’un numérique en constante mutation.

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