Le Togo se prépare à franchir une étape décisive dans le secteur minier avec le projet de création d’une usine de transformation du phosphate. Annoncé il y a quelques années, ce projet vise à produire des engrais adaptés aux spécificités des sols togolais, réduisant ainsi la dépendance aux importations tout en maîtrisant les coûts.
Actuellement, les démarches avancent, comme l’a souligné le ministère des Mines, avec des études de faisabilité en cours et la mise en place de partenariats public-privé pour soutenir le financement de cette initiative. Malgré son statut de leader en production de phosphate dans la région, le Togo continue d’exporter cette ressource à l’état brut, limitant ainsi son potentiel économique. En 2022, le pays a exporté plus de 1,7 million de tonnes de phosphate, générant des recettes de 157,6 milliards de FCFA, selon l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE).
La transformation locale de cette ressource pourrait considérablement augmenter sa valeur ajoutée, renforçant ainsi la souveraineté agricole et industrielle du Togo et créant des emplois pour les jeunes. En collaboration avec le Maroc et l’Office chérifien des phosphates (OCP), le Togo avance vers la réalisation de ce projet ambitieux. En mai 2023, un accord a été signé à Lomé pour l’implantation d’une usine locale d’engrais phosphatés, marquant un pas significatif vers la concrétisation de cette vision.
Ce projet stratégique pourrait transformer le paysage économique du Togo, valorisant ses ressources naturelles et répondant aux besoins agricoles croissants du pays et de la région. En favorisant la production locale d’engrais, le Togo pourrait non seulement améliorer sa sécurité alimentaire, mais aussi stimuler l’économie locale et réduire le chômage parmi les jeunes. Les attentes sont donc élevées et l’avenir prometteur pour cette initiative qui, si elle est menée à bien, pourrait marquer un tournant dans le développement économique du pays.