À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée le 2 mai, le Syndicat National des Journalistes Indépendants du Togo (SYNJIT) tire la sonnette d’alarme sur les conditions de vie et de travail des professionnels des médias au Togo. Dans un communiqué rendu public, l’organisation met en avant un enjeu central : la dignité salariale comme fondement d’une presse véritablement libre et indépendante.
Le syndicat rend hommage aux journalistes togolais qui, malgré un contexte jugé difficile, continuent d’exercer leur mission d’information avec engagement. Toutefois, il insiste sur une réalité préoccupante : la précarité persistante dans le secteur.
« Un journaliste mal rémunéré est un journaliste vulnérable, et une presse vulnérable est une presse dont la liberté est menacée par toutes sortes d’influences », martèle le secrétaire général du SYNJIT, Narcisse Prince-Agbodjan.
Dans cette dynamique, l’organisation annonce avoir saisi récemment la ministre en charge de la Communication et des Médias pour exiger la mise en place du comité de suivi de la convention collective signée le 14 octobre 2022. L’objectif est d’actualiser, dans les plus brefs délais, la grille salariale des journalistes, devenue obsolète depuis la revalorisation du SMIG à 52 500 FCFA, entrée en vigueur le 1er janvier 2024.
Pour le SYNJIT, maintenir des salaires en décalage avec les réalités économiques actuelles constitue non seulement une injustice sociale, mais également une menace directe pour la liberté de la presse. Le syndicat appelle ainsi les organisations patronales à engager un dialogue constructif afin d’intégrer le nouveau SMIG dans les grilles sectorielles, gage de crédibilité pour les entreprises de presse.
L’organisation interpelle également le gouvernement sur la nécessité de respecter les engagements pris lors de la signature de la convention collective, évoquant une responsabilité républicaine. Enfin, elle invite les journalistes à rester mobilisés pour la défense de leurs droits, rappelant que l’indépendance éditoriale passe aussi par une sécurité économique.
À travers cette prise de position, le SYNJIT replace la question sociale au cœur du débat sur la liberté de la presse au Togo, dans un contexte où les défis économiques continuent de peser sur le secteur des médias.
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